Né sous une bonne étoile, de Aurélie Valognes

Né sous une bonne étoile, de Aurélie Valognes

Résumé :

A l’école, il y a les bons élèves … et il y a Gustave. Depuis son radiateur au fond de la salle, cet éternel rêveur scrute les oiseaux dans la cour ou les aiguilles de la pendule qui prennent un malin plaisir à ralentir. Il aimerait rapporter des bonnes notes à sa mère, mais ce sont surtout les convocations du directeur qu’il collectionne. Pourtant, Gustave est travailleur. II passe plus de temps sur ses devoirs que la plupart de ses camarades, mais contrairement à Joséphine, sa grande-soeur pimbêche et première de classe, cela ne rentre pas. Pire, certains professeurs commencent à le prendre en grippe et à le croire fainéant. Parfois, il suffit d’un rien pour qu’une vie bascule du bon côté…


Mon avis :

Il y a quelques jours (ou semaines) je vous partageais mon avis sur mon premier livre d’Aurélie Valognes (« Mémé dans les orties« ) et je ne pensais pas vous en partager un nouveau de sitôt. J’avais dit que c’était une autrice que je suivrais de près mais quand même !

J’ai donc lu son tout dernier livre intitulé « Né sous une bonne étoile » que les Éditions Mazarine m’ont proposé de lire après que je les ai mentionné sur ma publication Instagram à propos d’un autre livre. J’ai su avec le résumé que vous pouvez lire ci-dessus que cette lecture me plairait et ce fût bien plus que ça. En effet, je me suis immédiatement prise d’affection pour notre petit Gustave. Son vécu a résonné au fond de moi me rappelant mes propres galères scolaires, je me suis donc plongée corps et âme dans cette lecture.

D’abord, l’écriture. Terriblement agréable à lire, fluide et captivante. Les pages défilent sans qu’on puisse s’en rendre compte. Le récit est très bien construit, les chapitres sont nombreux mais très courts, c’est ce que je préfère, ça rend la lecture plus aéré. Je découvre aussi un style d’écriture plus évolué, plus abouti comparé à son premier roman publié en 2014. On voit que les 4 autres romans qu’elle a écrit entre temps ont fait mûrir (?) et évoluer son style.

Les personnages sont singuliers, uniques, attachants et émouvants. Chaque personne lisant ce livre peut se retrouver dans un de ces personnages : les enfants avec ou sans difficultés scolaires, les parents en couple ou divorcés, les enseignants qui y croient encore ou bien ceux qui sont découragés, les grands-parents aussi et bien d’autres.

C’est un livre qui aborde beaucoup de thèmes que ce soit la vie de couple, la précarité, les inégalités sociales, le harcèlement scolaire, la fraternité, l’éducation, etc mais ce qui m’a le plus touché ce sont toutes ces injustices que subit Gustave qu’on rabaisse et humilie en permanence parce qu’il n’arrive pas à suivre le rythme de ses autres camarades.

J’ai été cette élève souvent à la traîne, toujours dans les nuages, perdues dans les méandres d’un système scolaire non adapté. J’ai été cette élève qui collectionnait les mauvaises notes alors que j’y mettais vraiment toute la bonne volonté du monde, je n’avais juste pas les bonnes méthodes et n’ai pas été entourée par les bonnes personnes. J’étais comme Gustave, une élève considérée comme trop timide et un peu fainéante, avec une personnalité totalement différente à la maison et à l’école pour se protéger de toutes les humiliations en public subit à l’école parce qu’on met deux fois plus de temps à faire le même devoir que les autres et qu’on acquiert enfin les notions que les autres ont déjà acquis il y a des mois ou bien encore à cause des métiers que l’on inscrit sur sa feuille de souhaits.

« C’est beau de rêver mais il s’agirait peut-être de rêvasser un peu moins et de travailler un peu plus » m’avait dit une prof qui souhaitait que j’arrête les études après ma seconde et pourtant ça ne m’a pas empêcher de faire des études et d’être soignante et technicienne à l’hôpital en médecine nucléaire et de participer à de la recherche médicale. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine ! (Dédicace à Aurélie et son utilisation excessive d’expressions françaises).

Comme Gustave, je traînais des pieds chaque jour pour aller à l’école, essayant de me faire discrète au maximum, évitant les interro au tableau et les cours de récré où les élèves sont peut-être plus tendres que les professeurs parfois ! J’aurais voulu prendre Gustave dans mes bras, le serrer fort pour lui montrer qu’il n’est pas seul, que ça n’arrive pas qu’à lui et que ce sont de très longs et mauvais moments à passer mais qu’un jour il trouvera sa voie, il aura grandit et tout ira mieux. J’ai été très émue par ce petit personnage, peut-être plus que de raison. C’est clairement mon personnage préféré, je me suis énormément attaché à lui et ça a été très dur de lui dire au revoir à la fin du roman mais comme on dit : toutes les bonnes choses ont une fin.

Une triste représentation de notre système scolaire français où le plus important est un programme bouclé en fin d’année plutôt que les notions réellement acquises. « Je ne peux pas faire au cas par cas », et c’est bien ça le problème. C’est marche ou crève, ceux qui ne suivent pas restent sur le bord de la route. Certains enfants ne se rendent pas compte que leur avenir se joue maintenant mais imaginez ceux qui en ont conscience et imaginez l’angoisse des parents terrifiés à l’idée que leur enfant échoue et restent une charge même à l’âge adulte. C’est un roman mais je pense que c’est une bonne manière (plus légère) d’aborder et de réfléchir à ce vrai problème. Ce n’est pas pour rien que de plus en plus de parents choisissent des écoles avec une éducation alternative pour leurs enfants. Et une petite l’a très bien compris. Il s’agit de Joséphine, la grande sœur de Gustave.

C’est mon deuxième personnage préféré. Il s’agit d’une jeune fille pleine de rêves et d’ambitions mais qui a-t-il de mal à avoir de l’ambition ? Elle a du caractère et un franc parlé à toute épreuve. Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai aussi pu voir que sa maturité lui conférait une lucidité effrayante sur son quotidien et les aspects de notre société. Mais aussi pleine d’espoir et ça c’est beau. Car malgré tous les sujets évoqués c’est un livre qui reste très positif, très bienveillant et encourageant notamment grâce à Mlle Bergamote !

Impossible de conclure cette chronique sans évoquer cet ange de l’éducation nationale ! Il y en a peu des comme elle mais il suffit d’en croiser une seule (ou un seul) et toute votre existence prendra un nouveau départ. Pour ma part, il aura fallut que j’arrive en Terminale pour rencontrer ma propre Mlle Bergamote. Vous savez cette prof souriante, bienveillante et optimiste qui vous redonne foi en vos capacités. J’ai pleuré chaque trimestre de ma scolarité de la maternelle au lycée (même dans mes études supérieures car on oublie pas tant d’années de galère mais un peu moins parce qu’elle avait quand même fait du bon boulot) et cette prof a tout changé dans ma vie ! Et je vous souhaite sincèrement de rencontrer votre Mlle Bergamote.

En conclusion, sûrement le gros coup de cœur de mon année 2020. Une lecture que je ne suis pas prête d’oublier tellement elle m’a fait rire et pleurer en même temps. Merci à Aurélie Valognes d’avoir écrit cette histoire et de l’avoir écrit ainsi. Juste une dernière chose à rajouter : ne vous arrêtez jamais d’écrire, je continuerais d’inonder votre fil d’actualité Instagram en repostant des citations de vos romans, je vous aime, tant pis pour vous.


Citations :

Ça devait être cela grandir : savoir quand taire certaines choses pour protéger ceux qu’on aime.

• Des rêves piétinés, balayés d’un revers de manche, qui finissaient dans le grand trou noir des désillusions de la vie.

• Ne pouvait-on pas être une simple fougère et pousser paisiblement à l’ombre d’un grand chêne ?

• Il commençait à en avoir assez des étiquettes qui grattent, des gommettes qui collent et des cases trop étroites dans lesquelles les adultes s’obstinaient à l’enfermer.

Tu sais, Gustave, une vie peut basculer d’un côté ou de l’autre. Il suffit d’une rencontre.

• CQFD : je suis surdouée ! – Ou, alors, tu es juste chiante ?

• C’est dans les jours de pluie et le soleil aussi, que l’on connaît ses vrais amis.

• Il commençait à en avoir assez des étiquettes qui grattent, des gommettes qui collent et des cases trop étroites dans lesquelles les adultes s’obstinaient à l’enfermer.


Informations :

Il s’agit du sixième roman de cette autrice française. Publié aux éditions Mazarine en 2020, il contient 335 pages pour 18.5€.


L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Lisez-vous cette autrice ?


 

11 réflexions sur “Né sous une bonne étoile, de Aurélie Valognes

  1. Je viens de commencer Au petit bonheur la chance ! de cette auteure 😀
    Je suis ravie que celui-ci t’ait plu. C’est une auteure que je voulais découvrir depuis longtemps !

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    1. Je n’ai pas encore lu Au petit bonheur la chance mais c’est certain que je vais m’y mettre prochainement ! J’espère que tu auras l’occasion de lire Né sous une bonne étoile, c’est vraiment mon préféré de l’auteure désormais !

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  2. Il est vrai que ce sont des lectures légères et qui se lisent très vite. Je n’en ai lu qu’un de l’auteure, et sans avoir été super emballée, j’ai quand même passé un moment de détente plutôt sympathique. Merci pour ton avis.

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  3. J’avais beaucoup aimé Mémé dans les orties, et je m’étais un peu lassée du thème des petits vieux… Celui-ci semble encore plus sortir du lot et amener une bouffée d’air frais ! Je pense que j’essayerai. 🙂

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